
Nouvel album "Live Sessions"
de Lulendo
sortie juin 2007
chez Nola Musique distribution France Anticraft
Best Afro Groove Music

LULENDO-Le souffle moderne de l'Afrique éternelle | | | |
| Jazz / Sono Mondiale | |
| La Fiesta de Sète de cet été a soigneusement étudié sa programmation, et c'est tout naturellement qu'ils ont retenu l'Angolais Lulendo pour tenir le haut de l'affiche avec Manu Dibango. par Bruno Pfeiffer Le troisième disque du musicien, né dans la province de Uige dans l'ancienne colonie portugaise, mérite un coup de chapeau. Bien peu nombreux, en effet, les Africains qui ont intégré avec bonheur les avancées de l'électro dans leur langage traditionnel. Or c'est bien ce que réussit Lulendo dans les dix titres du "Live Sessions" sorti par Nola Musique. Il baptise "groove ethno" son nouveau langage, situe son origine dans les ghettos de Luanda, et se proclame "Africain des Villes". Il a raison. Ses jaillissements musicaux traversent les brousses et les cités comme les poteaux télégraphiques d'une ligne à haute tension. Ils alimentent jour et nuit ceux qui se ressourcent à la beauté et à la force de l'Afrique. Mariage harmonieux du traditionnel et du moderne, mélange réussi de riffs de guitare électrique et de son Likembé (un piano à pouce en lamelles métalliques fabriqué par ses soins). Le triomphe qui a salué son concert du Bataclan avec DJ Frédéric Galliano résonne encore dans la tête de ceux qui étaient dans la salle. Il y a deux ans, le Cabaret sauvage lui a également réservé une ovation. L'ancien sportif (il a été champion de cyclisme) habite Paris depuis vingt ans. Une volute de mélancolie flotte parfois dans ses airs. On se repose dans cette apesanteur comme dans le souvenir perdu d'une période de joie. | |
Lulendo
Africain des villes / Africano das cidades
Sans vraiment le vouloir, le chemin de Lulendo est sans cesse parallèle à l’autoroute qui conduit le continent africain du XXeme au XXI ème siècle. Musicien angolais né à Maquela do Zombo, dans la province de Uige en Angola, Lulendo quitte très jeune la campagne pour la ville. Il grandit à Luanda, où il chante dans des chorales religieuses. Et quand il retourne passer des vacances au village, son grand-père lui enseigne les traditions bakongos, leurs rituels ainsi que l’art du likembé.
Mais l’Angola est ravagé par la guerre et comme tous les jeunes luandais de son âge, Lulendo rêve d’Europe, d’Etats-Unis, de Brésil.. bref, de partir n’importe où le plus vite possible. Hasard des visas, ce sera la Belgique. Il n’y reste que quelques heures : à peine arrivé, Lulendo saute dans le premier train qui se dirige vers Paris (on ne soulignera jamais assez la place de la Tour Eiffel dans l’inconscient collectif mondial.. ;-).
En 1982, Lulendo débarque à Paris. A cette époque la capitale française est encore LE carrefour de la scène africaine mondiale. C’est ainsi que le jeune angolais devient choriste (scène et studio) et croise très vite les plus grands : Manu Dibango, Sam Mangwana, Carlinhos Brown mais aussi Didier Lockwood ou John Helliwell (Supertramp).
Cet itinéraire, où Afrique et Europe s’entremêlent, se retrouve dans l’univers musical de Lulendo : bien malin qui pourrait aujourd’hui y coller une étiquette. La base n’est pas si traditionnelle, le reggae flirte avec le kizomba, le likembé dialogue avec les riffs de guitare électrique… Coté textes, c’est pareil. On passe de l’évocation nostalgique de la fête du village à la question sans détour sur l’Afrique « A qui profite le crime ? ».
Au fil des ans, les influences se sont multipliées mais l’énergie ne faiblit pas. Lulendo est souvent là où on ne l’attend pas : on l’a vu sur la scène du Bataclan avec le Dj Frederic Galliano lors d’un grand concert de kuduro (musique électronique 100% africaine, née dans les ghettos de Luanda). Puis au Casino de Paris pour les 50 ans de carrière de Manu Dibango.
A la fois gars des villes et gars des champs, tourné vers l’avenir en respectant ses classiques, Lulendo sort aujourd’hui son 3ème album. Réalisé dans les conditions du live pour restituer l’énergie formidable de ce brouilleur de pistes (brousse ou studio d’enregistrement ?), « Live sessions » est une cure de vitamines sans ogm, authentique et urbain.
Magali Bergès



